Recruter avec succès : une affaire de goût et de savoir-faire

On a coutume d’entendre dire en France et en Belgique que la cuisine locale est la meilleure au monde. Cette immodestie prête à sourire tant les Français comme les Belges sont fiers de leur gastronomie. Mais il y a de quoi puisque ces deux pays ont hissé leur cuisine au rang d’un art majeur. Il serait long de tenter d’expliquer comment ils sont arrivés à accumuler un tel savoir-faire dans le domaine culinaire. Quels critères président à ce succès ? Question hardie qui ne saurait trouver de réponses justes sans avoir passé en revue une myriade d’éléments. Il y a le professionnalisme du chef qui donne le ton à la carte, l’expérience du personnel et sa formation, la qualité des produits, la manière de marier les ingrédients au fond de la poêle, l’originalité, l’inventivité, et les bases… Bref, impossible en deux lignes de répertorier les ingrédients du succès.

Quel rapport l’art culinaire a-t-il avec le recrutement ? Aucun, sauf que le chef cuisinier a les mêmes préoccupations qu’un dirigeant d’entreprise : il est impliqué autant que lui dans le choix des ingrédients qui entreront dans ses menus. Mais la comparaison s’arrête là car si le chef ne laisse d’habitude jamais à un tiers le soin de sélectionner ses produits, il en est tout autrement avec le dirigeant d’entreprise.

Quelles sont les conditions d’un bon recrutement ?

Du chef aux simples commis, en passant par le second et les chefs de partie, l’équipe qui rencontre le succès est le plus souvent soudée, animée par un même objectif et des ambitions communes, assume les responsabilités de son poste, remplit ses tâches avec zèle, et cherche toujours à mieux faire. Cette condition n’est possible que lorsque le chef a procédé de lui-même à un recrutement de qualité. Comme il fait lui-même ses achats réguliers sur le marché de produits frais, il procède de même dans la phase de recrutement : qui est le meilleur ? Quelles qualités morales a-t-il ? Quelles compétences a-t-elle ? puis-je lui faire confiance ? Quelles sont ses failles ? A-t-il une éthique compatible avec la mission ? Alors peut-on nous demander, qu’est-ce qui fait un bon recrutement ? Osons la comparaison : qu’est-ce qui fait un bon plat ?

Tant de choses ont été dites sur les conditions d’un bon recrutement que l’on y trouve de tout et son contraire, un peu comme une salade niçoise… Comment tirer le vrai du faux, l’efficace de l’inopérant, l’important du trivial ? Quels impératifs devrait-on suivre dans la phase de recrutement pour épargner à l’entreprise un désastre ? La réussite d’une mayonnaise dépend-elle essentiellement des œufs ou de la façon de les battre ? Pour réussir une équipe et faire en sorte que la mayonnaise prenne entre la personne embauchée et l’équipe en place, comment recruter ?

Personnel mal qualifié à l’embauche : fléau pour l’entreprise

Les causes du mauvais fonctionnement d’une entreprise sont nombreuses, mais une partie non négligeable remonte à la nature du recrutement et à la façon dont il a été effectué. Si jamais vous avez loupé un recrutement, vous comprenez ce que je veux dire. C’est comme le choix qu’effectue régulièrement le chef d’un restaurant de qualité. Pour une grande toque, reconnaître les bons étals et les meilleurs produits est une seconde nature. Le gage de qualité aux yeux d’un bon cuisinier, c’est l’origine des produits, de préférence issus directement des producteurs, sans intermédiaire. Le chef efficace recherche en priorité les étals où l’on vend la récolte du jour, où tout est de saison et garde les traces de la terre, contrairement aux produits bien calibrés mais sans valeur gustative.

Une équipe gagnante est une équipe composée des meilleurs éléments, dont la compatibilité professionnelle et morale avec les objectifs du groupe et la nature de l’activité est la meilleure possible. Une entreprise qui échoue ou qui rencontre des difficultés à se développer n’a pas su faire son marché dans les bons étals et s’est laissée convaincre d’acheter des candidats apparemment bien calibrés mais sans grande qualité. La cuisine de cette entreprise est ratée.

En fait, la responsabilité revient le plus souvent au chef d’entreprise qui, pour une raison ou pour une autre, n’est pas suffisamment impliqué dans le recrutement de son personnel. Il préfère confier cette action à des organismes spécialisés. C’est pourtant la première personne à se trouver impactée — avec son entreprise — par les conséquences d’un mauvais choix. Notre analyse nous révèle que le dirigeant d’entreprise ignore souvent comment recruter. Osons une autre analogie : laisseriez-vous à une autre personne que vous le soin de faire la cour à votre place à votre future épouse ?

« La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent » écrivait le célèbre gastronome français Brillat-Savarin. Nous affirmons que la destinée des entreprises dépend de la manière dont elles recrutent.

I am an author and professional researcher who has made entrepreneurship a focus in life.

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